et La Hague ont une nouvelle fois retardé
un convoi de combustibles
usés, dans la nuit de lundi à mardi. Leurs
déplacements commencent à tenir du rituel. Un
mois après l'opération réussie à
Fains-Véel, les anti-nucléaires se sont
retrouvés, lundi soir peu avant minuit, dans le petit
village de Mussey. Là, pensaient-ils, ils pourraient
prendre les forces de l'ordre de court et occuper la voie
pour bloquer le convoi chargé de combustibles
usés. A leur arrivée, toutefois, un
véhicule de gendarmerie était
déjà stationné à
proximité du passage à niveau. Et les renforts
ne devaient pas tarder à venir, accompagnés du
directeur de cabinet du préfet. Pas de
débordements Dans un
communiqué, Bernard Fitoussi, préfet de la
Meuse, rappelle son exigence en matière de
sécurité ferroviaire :
Dans la nuit noire, les silhouettes se sont alors longuement
cherchées entre le canal et la voie ferrée,
jusqu'à ce que les très puissantes torches
manuelles des gendarmes finissent par dissuader les
manifestants de mettre leur plan à exécution:
ils devraient se contenter de faire de la figuration.
En
attendant les « castors », sarcophages
chargés de matières dangeureuses, les
anti-nucléaires ont occupé le
terrain.
A Fains et
à Varney, en revanche, d'autres équipes
d'opposants étaient idéalement
camouflées pour surprendre le convoi : feux de
bengale dans le premier village et un manifestant sur la
voie dans le second ont permis d'immobiliser la rame de
" castors ". Ce dernier manifestant a été
écarté de force et plaqué au sol par
les CRS qui avaient pris place dans les wagons. Le train a
alors repris son chemin à faible allure par mesure de
sécurité avant d'aborder Mussey où les
gendarmes de la compagnie de Bar-le-Duc ont facilement
maîtrisé les quelques tentatives de
débordements.
Le convoi est passé dans le halo de lumière
crue d'un hélicoptère. Les manifestants du CDR
55, du collectif contre l'enfouissement, des Verts et de
l'association des élus meusiens ont sifflé. Au
bluff, ils ont lancé les gendarmes sur la piste de
Revigny en prétextant un mouvement... Mais, pour eux,
l'essentiel était acquis : près quinze minutes
de retard au final selon les manifestants. Ce serait
déjà cinq de plus que lors de la
dernière action.
Baptiste BIZE
" Une nouvelle fois, des manifestants ont tenté de
bloquer un train " Castor" sur les voies et les emprises de
la SNCF à Varney puis à Mussey. Les forces de
l'ordre ont dû intervenir pour permettre le passage de
ce train. Cette action fait suite, les semaines
passées, à deux opérations analogues
dont personne n'a pu croire qu'il s'agissait "d'animal
aperçu à proximité de la voie ! ".
La liberté d"expression et de manifestation est un
droit reconnu et garanti dans le respect des lois.
Néanmoins la sécurité ferroviaire n"est
ni un jeu, ni un enjeu médiatique. La présence
de manifestants sur les voies ferrées, en pleine
nuit, ainsi que l"usage indu de feux de détresse
utilisés en principe uniquement en cas de danger
majeur, et ceci alors même que circulent de nombreux
trains de marchandises, mettent clairement en danger la
sécurité des agents d'exploitation de la SNCF,
des policiers et des gendarmes, ainsi que celle des
manifestants eux-mêmes inconscients des
conséquences de tels agissements. Il faut aussi
rappeler que le fait de pénétrer sur une
emprise SNCF, a fortiori pour empêcher la circulation
des trains, est passible de poursuites pénales.
Enfin, au moment où se met en place la police de
proximité dans le département et où se
prépare l'accueil des trois étapes du Tour de
France, l"immobilisation des forces de l'ordre pour
prévenir des agissements de mise en danger, constitue
autant du temps d'indisponibilité pour les missions
quotidiennes de sécurité publique, au
bénéfice de tous nos concitoyens'", conclut
Bernard Fitoussi.