BURE : STOP ! Déchets nucléaires, ne pas enfouir !
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2003 - Transport de déchets radiactifs / Blocage


 En passant par la Lorraine

Article paru dans l’ Est Républicain le 11.11.2003

Des antinucléaires, enchaînés à la voie, ont bloqué pendant deux heures, en Moselle, un train transportant de France en Allemagne des déchets radioactifs retraités à La Hague.

NANCY. Quatre-vingt-six micro-rems par heure. C’est le taux de radiations perçues par l’humain qu’a enregistré hier, à 9 h 50 précises, Serge Herbivaux, militant de l’association EDEN (Entente pour la défense de l’environnement nancéien), au passage du convoi ferroviaire transportant des déchets nucléaires retraités depuis La Hague jusqu’à Gorleben en Allemagne.

Posté sur le pont des Fusillés à Nancy, il avait enregistré quelques minutes auparavant, sur un appareil Quartex acheté à la CRIRAD, un taux de dix micro-rems par heure. Ce qui indique que la radioactivité ambiante a été multipliée par plus de huit au passage du convoi incriminé : « Le seuil autorisé par l’Union européenne était naguère de cinq milli-Sievert, soit cinquante-sept micro-rems par heure en moyenne à l’année. Et il a encore baissé.

Un taux de 86 micro-rems par heure n’est cependant pas forcément dangereux pour la santé, à condition que l’exposition ne dure pas et ne soit pas répétée souvent. Mais une telle irradiation peut être périlleuse pour les employés SNCF s’ils demeurent à proximité de wagons radioactifs arrêtés et, surtout, pour les CRS qui restent à bord du convoi pendant tout le transport ».

Secret « Défense »

Or, hier, il y avait deux wagons de CRS devant les douze « castors » (wagons contenant des déchets nucléaires) et un wagon de CRS derrière, sans compter les deux locomotives avec des cheminots encadrant le convoi pour qu’il puisse, le cas échéant, rouler dans les deux sens.

La composition du train avait été donnée dès la veille sur Internet par les militants du réseau « Sortir du Nucléaire », auquel sont rattachées les associations, dont EDEN et CACENDR (Collectif d’action contre l’enfouissement des déchets radioactifs) et ils ont vérifié de visu que leurs informations, malgré le « secret Défense » entourant le convoyage, n’étaient pas erronées.

Concrètement, une vingtaine d’antinucléaires étaient présents dès 6 h 30 devant la gare de Bar-le-Duc, où le train est passé vers 8 h, et quarante d’entre eux, dont certains portant des masques à gaz et des tenues blanches antiradiations, avaient fait le déplacement à Nancy, où ils ont distribué des tracts de 6 h 50 à 10 h « contre l’extension arbitraire et inacceptable du Secret Défense’’ ».

« Triangle des Bermudes »

Ils ont aussi déployé des banderoles, apposé des autocollants sur les affiches SNCF, tapé sur des bidons estampillés de l’ailette noire sur fond jaune symbolisant les produits radioactifs, et interpellé les voyageurs pour débattre du problème du nucléaire itinérant.

Cela à l’instar de Martine Philbert, de l’association CACENDR, qui ne mâche pas ses mots : « Si on touche les wagons, ils sont chauds ! On a même vu, ailleurs, des cheminots inconscients y apposer les mains pour se réchauffer. Mais il faut savoir que les radiations traversent le métal et les corps. Pour éviter cela, il faudrait que les parois en plomb soient larges d’un mètre, mais dans ce cas, il n’y aurait plus assez de place pour transporter les déchets ».

Elle soutient aussi que la France se place « hors la loi » en autorisant le passage sur son territoire de tels convois, « alors que la Commission européenne des droits de l’Homme donne droit à un environnement sain ».

Après son passage à Bar-le-Duc et à Nancy, où les CRS interdisaient aux antinucléaires l’accès aux quais, le train a traversé à 11 h 15 Lunéville. Après quoi, il a continué son trajet et a été bloqué, à 11 h 45, entre Réchicourt et Avricourt en Moselle, par huit manifestants allemands et français, dont deux s’étaient enchaînés à la voie ferrée.

Plutôt solidement, puisqu’il a fallu deux heures aux gendarmes pour les déloger et les ramener pour interrogatoire à la gendarmerie.

Le convoi est reparti ensuite vers l’Allemagne. Il a passé la frontière avec trois heures et demie de retard sur l’horaire prévu.

Gérard CHARUT

 Un train nucléaire bloqué hier entre Gondrexange et Réchicourt

Article paru dans le Républicain Lorrain le 11.11.2003

Dix jeunes activistes antinucléaires ont réussi à bloquer un train transportant des déchets radioactifs lors de son passage au pays de Sarrebourg, hier matin. Ce premier coup d’éclat dans le secteur a mobilisé les forces de l’ordre jusqu’en début d’après-midi.

Les « Castors » transitent régulièrement par le pays de Sarrebourg, dans la plus grande discrétion et sans affoler les populations. Ce sont ces trains qui traversent la France, bourrés de matière radioactive, en provenance ou en direction de l’usine de retraitement de La Hague. Et à chaque passage d’un « Castor », les forces de l’ordre sont mobilisées en nombre pour assurer des missions de surveillance le long des voies ferrées. Jusque-là, aucun incident n’était à déplorer dans l’arrondissement. C’est un voyageur classé hyper sensible, voire même secret défense puisque depuis le 9 août toute information liée à ces déplacements très particuliers est interdite. A croire qu’un terroriste pourrait avoir la fâcheuse idée de s’y intéresser de trop près...

Hier, un « Castor » comportant douze conteneurs de déchets nucléaires s’est retrouvé planté au beau milieu de la forêt de Ketzing, entre Gondrexange et Réchicourt-le-Château. Une poignée d’activistes du réseau « Sortir du nucléaire » a réussi, seule, à contraindre ce convoi à s’arrêter. Des distributions de tracts étaient prévues sur le parcours. Un rassemblement de militants était également attendu, à Dieuze. Mais personne n’a réussi à débusquer le groupe dissimulé depuis la nuit précédente aux abords des voies, en pleine forêt. Il n’est sorti de sa cache qu’au moment où le train arrivait sur les lieux, réussissant à actionner les signaux de sécurité pour le freiner.

Sangsues

Dix jeunes, pour la plupart des étudiants issus du milieu libertaire de la région, ont donc réussi à mettre en ébullition toutes les autorités civiles et militaires lorraines. A l’image de ce qui se pratique couramment en Allemagne, deux d’entre eux se sont attachés solidement à un rail... Résultat : une belle pagaille pendant plus de deux heures ! La centaine de CRS embarqués dans les wagons, renforcés à toute vitesse par diverses unités de la compagnie de gendarmerie de Sarrebourg, plus les agents de la SNCF et de la police ferroviaire, se sont retrouvés coincés. L’hélicoptère de surveillance qui survolait en permanence le train n’a pu que constater l’agitation au sol.

La dizaine de militants s’est hissée dès sa première tentative au rang des pires sangsues que la politique énergétique française peut avoir recensé depuis trois ans, avec le début de la campagne « Train stopping » née de l’instauration des échanges de déchets radioactifs entre la France et l’Allemagne. Débutée vers 10 h, l’opération s’est achevée à 13 h 45 quand le convoi a pu reprendre son itinéraire. Il a affiché plus de trois heures de retard à la frontière !

Olivier SIMON.



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