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Pourquoi des sources radioactives dans le "labo" : pour étudier la migration de tel ou tel élément radioactif (ici dans l'argile). Avec elles, on pourra faire des injections, laisser migrer leséléments en cause quelques mois, prélever une carotte d'argile autour du point d'injection et essayer d'étudier la vitesse de déplacement des radioéléments. Elles symbolisent la vocation du labo (préparer un centre de stockage au même endroit) et donnent leur sens aux recherches, en plus de la géomécanique (tenue des galeries, etc ...) et de l'hydrogéologie (eaux souterraines...). Pourquoi s'intéresser à ces sources : pour trois raisons a) parce que la connaissance des radioéléments dont on étudie la migration permet de cerner ce quisera enfoui (de voir par exemple si on prévoit d'enfouir les combustibles usés tels quels ou après retraitement seulement) b) parce que, même si leur radioactivité n'a aucune commune mesure avec celle des déchets, elles présentent des dangers certains qui ont amenés des scientifiques, travaillant sur la base d'une convention passée avec le Conseil Général et peu suspects d'hostilité au "labo", à émettre, pour ces expérimentations justement, "une réserve importante ... en cas d'utilisation de radionucléides" (et ce sera le cas puisque l'ANDRA a déclaré ces sources radioactives en préfecture). c) parce qu'elles sont soumises à certaines réglementations qui font que l'ANDRA aurait dû être soumise à certaines obligations ou pas (enquête publique ad hoc par ex. si un certain seuil de radioactivité est atteint) Depuis le début de 1997 (un peu avant la dissolution de l'Assemblée, donc déjà du temps de Corinne Lepage comme ministre de l'Environnement, nous avons posé des questions très précises sur des données nécessaires pour évaluer, selon une formule bien définie par les textes, l'activité à mettre en regard de ce seuil. Avis favorable de Corinne Lepage, qui charge la Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires de nous répondre mais est donc remplacée à l'improviste par Dominique Voynet ; multiples relances depuis; toujours pas de réponse sinon un message électronique disant en substance "nous avons relancé par oral, puis par écrit la DSIN, qui devrait vous répondre" ... mais ne répond pas (le ministère se taisant depuis, lui aussi) Même démarches multiples auprès de Christian Pierret, qui dit qu'il n'a pas l'intention de nous répondre (Foire Expo de Verdun en 1999), qu'il n'y aura de toute façon jamais de sources radioactives dans le labo (déclaration devant la presse à Bar-le-Duc fin 1999 suite à un tract distribué à l'entrée d'une réunion du Comité Local d'Information et de Suivi qu'il venait installer pour le "labo"). Nous opposons un document de la Préfecture. La presse s'empare de l'affaire (titre "Des silences troublants"). A la séance suivante du CLIS débarque le directeur de la DSIN, qui remet une note sur l'utilisation de ces sources, la reconnaissant par là-même, mais sans donner aucun des détails demandés. Interventions au CLIS évidemment, et ce encore au dernier bureau, où l'ANDRA présentait son Plan de Suivi de l'Environnement. Nous démontrons qu'il n'y aura pas de suivi radioactif des eaux souterraines (juste un état de référence avant les travaux sans comparaisons derrière : absurdité) et cela tout simplement parce que les dispositions prévoyant ce suivi - et qui figuraient dans un projet d'arrêté préfectoral - ont été supprimées à la demande de l'ANDRA, dont on voit par un compte-rendu du Conseil Départemental d'Hygiène, qu'elle est d'abord intervenue auprès de ce Conseil , sans succès puisqu'il a demandé expressément qu'on maintienne ce suivi radioactif des eaux souterraines, ce qui n'a pas empêché l'ANDRA de revenir à la charge sans doute directement auprès du Préfet, puisque les dispositions correspondantes ont malgré tout disparu de l'arrêté définitif ! Bref, ces sources radioactives doivent être bien embarrassantes puisqu'on en fait vraiment un secret d'Etat. Rappelons que les scientifiques dont on a parlé disent à ce sujet "A ce stade, il est difficile de préjuger de la sécurité de ces expériences et de leur impact sur la biosphère, donc sur la population". Et après, nos gouvernants viendont se dire "responsables, mais pas coupables" !
Ci-dessous la mise au point que envoyée à l'Est Républicain : ce problème des sources radioactives est un point crucial, mais totalement occulté, des "labos". Je signale par ailleurs qu'à travers le type de radio-éléments représenté par ces sources radioactives utilisées à des fins expérimentales, on peut se faire une idée de ce qui serait enfoui dans le centre de stockage qui pourrait suivre le "labo". Voilà trois ans que nous essayons sans succès d'en savoir plus en demandant des informations sur ces sources aux ministères de l'Environnement et de l'Industrie. Motus et bouche cousue ! Voilà la "précision" que nous demandons à l'Est Républicain de faire paraître au nom du CDR 55 sous la signature de son représentant au Comité Local d'Information et de Suivi (CLIS): ------------- En tant que membre du bureau du Comité Local d'Information et de Suivi créé auprès du "labo", j'ai eu droit à une présentation par l'ANDRA de son Plan de Suivi de l'Environnement et à une abondante documentation associée. Je me permets donc de rectifier une erreur (peut-être liée à vos propres sources). Vous dites en effet : "Un plan de suivi est prévu ..., qui comprendra aussi une étude de la radioactivité sur les eaux souterraines et superficielles.... Les résultats de ce point-zéro doivent être publiés en juin". On voit par là même que | ce que vous dites du "plan de suivi" vaut uniquement pour l'état de référence (point zéro) qui le précèdera. Et dans les faits, au plan radiologique - et aussi paradoxal que cela puisse paraître - il y aura bien un état-zéro, mais pas de suivi. Je vous transmets un document incontestable sur ce point, puisqu'il s'agit d'un document remis au bureau du CLIS et établi pour lui par l'ANDRA, qui s'y justifie même de cette absence de suivi radiologique en disant "Il n'a pas été demandé par les administrations de suivi radiologique pendant la phase des travaux du laboratoire" (cette absence ressortant aussi de la liste des "matières à suivi" qui précède). Mieux, si ce suivi radiologique des eaux n'est pas prévu dans l'arrêté préfectoral, c'est parce que l'ANDRA en a demandé expressément la suppression, contrairement à l'avis (consultatif) du Conseil Départemental d'Hygiène. Voir dans le compte-rendu de séance du 12 janvier 1998 la phrase : "M. DELAY fait part de son désaccord concernant l'étude radiologique demandée dans les articles 15 et 16 du projet d'arrêté' ". Autrement dit, si l'état zéro radiologique ne s'accompagne paradoxalement d'aucun suivi radiologique, pourtant justifié par les expériences qui seront menées avec des sources radioactives utilisées pour des injections dans les galeries, ce n'est pas un hasard, c'est le résultat de la volonté de l'ANDRA. On retrouve là tout le mystère qui entoure ces sources radioactives, pour lesquelles on n'a toujours pas répondu aux questions que nous avons posées depuis trois ans maintenant, mystère que vous avez vous-même souligné dans votre article du 27/11/99 ("Des silences troublants") Soyons clairs : au niveau du nucléaire (au moins !), nous sommes dans un Etat totalitaire.
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