Tout le dossier "Soulaines2006": La contamination est en marche (novembre 2006)


Les dangers de Soulaines: Mai 2006

En passant par Morvilliers: sur la route des déchets nucléaires en juin 2002.

Portes ouvertes à Soulaines: Septembre 2002

Article de mars 2000: ANDRA SOULAINES: Suite

(rejets gazeux et gros sous de l'Andra)

Communiqué du Cedra 52 du 16/09/2000: L'état épinglé...

Communiqué du Cedra 52 du 10/12/2000: L'arlésienne...

Portes ouvertes à Soulaines le 1/10/2000
Au pays du mensonge permanent

Andra-Soulaines

Faire accepter à des ruraux, riches de bon sens, un projet qui inspire des craintes n'est pas une mince affaire; surtout s 'il s 'agit d'un stockage de déchets nucléaires, ceux dont la Hague - saturée - ne veut plus.
Mais la stratégie est bien rodée. La première des ficelles va consister à rassurer les populations par un bouquet de promesses, donnant l 'impression que le projet est strictement encadré (ensuite on fera miroiter le mot magique  « emplois »  et on glissera la pièce de-ci de-là).

Promesses bafouées
Ainsi, ayant l'ouverture du site de résidus atomiques, le promoteur Andra promettait une durée d'exploitation limitée à trente ans. Pourtant, après ouverture en janvier 1992 il annonçait successivement quarante, puis cinquante ans de remplissage ; et même soixante lorsdes récentes journées portes ouvertes (3 octobre 1999) où des adhérents des trois collectifs 55-52-88 ont mené une visite parallèle ô combien instructive.

Seconde promesse : on y stockera un million de m3 (le double de la Hague), pas plus. On comprend la stupeur des élus locaux apprenant, au printemps dernier, la venue d'un autre type de déchets nucléaires. Capacité ?Encore un million de m3.
Aujourd'hui c'est officiel, et après de pseudo-recherches géologiques le site sera installé à proximité.

Du plutonium indésirable

Autre promesse : on ne stockera là que des déchets à vie courte (c'est-à-dire trois siècles, excusez du peu). Et quand le Cedra, au cours de la journée portes-ouvertes, dénoncera la présence de plutonium (240 000 ans de nocivité !), l'Andra niera. On la verra même se défendre peu après en disant : « tout le plutonium est stocké à la Hague »(Haute-Marne Dimanche du 31 octobre).
L'ennui c'est que la Hague, comme Soulaines, n'a vocation à recevoir que des déchets à vie courte (classe A). A cette époque paraissait l'épais « Inventaire national des déchets radioactifs » publié … par l'Andra, dans lequel la page consacrée à Soulaines annonce froidement un monceau de plutonium 239, 240, 241 et d'americium 241 (4300 ans de nocivité) pour un total de plus de 36 000 milliards de becquerels.
Comment, dans ces conditions, le site pourra-t-il être banalisable dans trois cents ans au point de pouvoir y construire des habitations ? Tout simplement par de savants calculs de doses (fortement minimisés et manipulés)... que l' Andra se garde bien de communiquer, comme s'en est rendue compte à ses dépens la Crii-rad. Seul le scientifique local, A.Godinot, à qui il convient de rendre hommage ici, aura pu analyser ces calculs et ses conclusions ne sont guère enthousiasmantes (Rappelons que depuis que l'Etat a fourré son nez dans les affaircs de Andra-Hague, la banalisation du site n'est plus pour dans 300 ans mais pour... jamais).

Rejets nocifs et illégaux
Si EDF et consorts se vantent de diminuer les volumes de déchets, l'Andra écrase une partie des fûts qui lui arrivents (divisant le volume par 3), rejetant ainsi des gaz dans l'atmosphère. Contiennent-ils de la radioactivité ? Non, affirme le directeur du site « La Une de Troyes » du 27 juillet) alors que ses services reconnaissent que « le Cedra se réfère à deux incidents (rejets) en 1995 » (HM Dimanche du 31 octobre}.
Mais, lors de la journée portes ouvertes, pressé de questions et face au public, le même directeur finira par reconnaître la présence de radioéléments dans les gaz relachés. Et ça se pratique en continu depuis l'ouverture, en l 992. Quant à connaître la nature et les quantités de radioéléments rejetés dans l'environnement, inutile de compter sur l'Andra et sa transparence tant vantée. Il aura fallu plus de deux années de longues démarches (courriers, visites, CADA, etc) pour
se voir répondre qu'un monceau de documents était à disposition, sur site ou par photocopies (payantes).
Au fait, des promesses avaient été formulées avant la mise en route du site : « le fonctionnement du Centre de stockage ne donne lieu à aucune émission d'effluents radioactifs (rejets) vers l'environnement, ni à aucun transport d'effluents radioactifs vers l'extérieur. Dans ces conditions, aucune demande de rejet n'est à effectuer ».(Etude d'impact de l'Enquête Publique de juin 1986, introduction page 24}.
Ce qui signifie que, depuis 1992, l' Andra et ses rejets sont dans l'illégalité la plus totale. Alors, comment expliquer le mutisme de la CLI (Commission locale d'information) où siègent de nombreux élus locaux ? Et comment expliquer que le ministère de l'Environnement, sollicité à plusieurs reprises, n'ait jamais
donné de suite et, moins encore, n'ait contraint l'Andra à quoi que ce soit ?

Nouvelle enquête publique
Bafouant ses promesses de non-rejets, l'Andra envisage bien au contraire de les poursuivre, en les faisant légaliser dans le cadre d'une nouvelle enquête publique. Le dossier étant sur le point d'aboutir, le Cedra s'est tourné vers les collectivités locales (conseil Régional) pour financer une analyse sérieuse, pertinente et indépendante de cette prochaine enquête (le CRII-rad étant partante), comme
l'ont fait d'autres collectivités dans le cadre d'enquêtes publiques liées au nucléaire. Et il faut voir comment le Conseil Régional se dérobe, prétextant une perte de courrier, ou ne pas avoir délégation de l'Etat pour contrôler l'Andra, ou encore ne pas avoir en charge la responsabilité de la santé publique. Seulement, il ne s'agit ici ni d'attributions ou de compétences quelconques, mais de ce pourquoi nous avons élus nos conseillers régionaux: représenter au mieux nos intérêts primordiaux. Il est d'ailleurs fort curieux de recevoir un courrier-réponse débutant par un « Vous appelez mon attention.… », courrier signé par un fonctionnaire alors que notre requête s'adressait au président, un élu .

ANDRA SOULAINES: Suite

Enquête publique ... viendra ? viendra pas ? (Rejets gazeux)

Alors que la DSIN (Direction de la Sûreté des Installations Nucléaires) instruit ce dossier depuis de nombreux mois, les informations les plus contradictoires circulent actuellement. L'Andra aurait-elle trouvé un tour de passe-passe pour continuer à rejeter des gaz radioactifs sans besoin d'autorisation ?

La députée Michèle RIVASI, chargée d'un rapport sur la gestion des déchets nucléaires en France, s'est bien évidemment intéressée au site de Soulaines. Se renseignant au sujet d'une éventuelle demande d'autorisation de rejets gazeux, il lui fut répondu par la négative par l' Andra, tandis que la DRIRE (Direction Régionale del'Industrie et de la Recherche) lui a affirmé avoir bien reçu une demande émanant de l' Andra. Ajoutons qu'à l'occasion de l'invraisemblable parcours du

combattant imposé à Mme Rivasi et à son étude, il lui fut refusé de présenter les informations détonantes du collectif haut marnais.

Un coeur gros comme ça. Ça y est... presque. (L’argent de L’Andra)

Après de multiples démarches -depuis le 14 juillet- pour savoir où passaient les largesses de l'Agence auboise, celle-ci avait fini par promettre la publication du listing dans sa revue de décembre. Las, il fallut patienter jusqu'à celle de février pour découvrir l'information; et encore, uniquement pour l'année 1999 alors que l'intérêt portait sur la totalité du "clientélisme"; c'est-à-dire depuis janvier 1992, date d'ouverture de la décharge atomique.

Ainsi donc, 30 demandeurs locaux se sont partagé 31 500 F en 1999 (à parts non équitables), dont 6 haut-marnais (école de Ceffonds, lycée agricole de Droyes, football de Doulevant et de Longeville, hippisme et volley-ball de Montier-en-Der). On pourra s'étonner de trouver nombre d'associations sportives malgré les discours sur l'éthique, du monde de l'enseignement malgré leur rôle dans l'éducation des futurs adultes et puis également de la gendarmerie (neutralité oblige) À tous ceux-ci, il faut ajouter 10 "lauréats" départementaux

(tous aubois) qui ont empoché un pactole total de près de 1 million de F (!), dont l'équipe D1 du football de Troyes (l'ATAC) qui cumule 825 000 F à elle seule Les autres : le musée de Brienne, le spectacle Vindovéra de Vandeuvre, le Salon du Livre pour la Jeunesse, le festival Nuits de Champagne, celui du cinéma, l'Université, l'Unesco, les Gîtes de France et les soirées Terres de l' Aube.

Le tableau complet est bien sûr disponible (en adressant au Cedra une simple enveloppe timbrée et libellée à votre adresse).

 

Retour à Lettre 2

Retour à Lettre 3

Haut de Page