
Les déchets radioactifs
ne sont pas biodégradables :
on ne peut donc pas les enfouir.
(Sébastien, 12 ans, Vosges - Extrait de lettre , enquête publique avril 97)
La Coordination Nationale des collectifs contre l'enfouissement
des déchets radioactifs regroupe les collectifs des sites
concernés (Meuse, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Vosges),
des anciens sites (Vienne, Charentes, Gard; Ille-et-Villaine), des 15
sites pressentis début 2000 pour un second "labo"
d'enfouissement dans le granite ainsi que des associations de
citoyens, des scientifiques, des géologues, des
médecins, des élus.
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Notre opposition au principe de l'enfouissement et au projet de pseudo laboratoire de recherches ne s'appuie pas sur des "peurs irrationnelles" mais sur une interrogation, une réflexion et une recherche d'informations réellement indépendantes.
Il est évident que toute création de laboratoire est un prélude à l'enfouissement des déchets nucléaires.
Un premier site a été choisi dans l'argile à Bure (Meuse) et le décret ministériel d'août 99 y a lancé le début des travaux de construction d'une éventuelle future "poubelle nucléaire souterraine".
Quinze sites ont été désignés dès février 2000 pour la création d'un second "laboratoire" dans le granite, selon la loi de 1991. Face à la mobilisation importante et concertée sur tous ces sites, la mission collégiale chargée de ces démarches a dû suspendre ses recherches. D'après les conclusions rendues en juillet 2000, aucun site n'est pour le moment retenu.
Nous sommes opposés à
l'enfouissement des déchets radioactifs à haute
activité et à vie longue (déchets B & C)
:
1 - L'enfouissement met en danger les générations
futures :
L'enfouissement (le but d'une des trois voies de recherche) ne vise
qu'à retarder le retour des radio nucléides dans la
biosphère.
... Limiter et retarder le transfert de la radioactivité
issue des déchets dès lors qu'il y a relâchement,
et ce, afin de réduire au minimum les flux d'activité
arrivant jusqu'à l'homme, en tirant parti autant que possible
de la décroissance radioactive... (Extrait Bilan Travaux
1994 de l'Andra - Objectifs des études)
" il est impossible de prouver qu'un
confinement restera efficace jusqu'à la décroissance
totale de la radioactivité des déchets... le but d'un
stockage est de retarder au maximum son retour à la surface. "
(Rapport Bataille/page 73)
Cette solution n'est pas
satisfaisante et l'on a raison de se mobiliser contre ces
méthodes de stockage. Géologiquement parlant, le
sous-sol est le plus mauvais endroit pour stocker des déchets
à long terme. Pourquoi ? Il contient de l'eau qui circule et
pénètre tout... (Claude Allègre,
président du BRGM/Bureau des Recherches Géologiques et
Minières)
Les emballages des colis (qui conditionnent les déchets) ne
seront fiables, dans l'état actuel des recherches, que
quelques dizaines d'années. (voir annexe
2)
L'enfouissement met donc irrémédiablement en danger
l'eau, qui sera un vecteur de transmission de
radioéléments dans la biosphère et sera
elle-même contaminée. Or l'eau sera l'enjeu majeur du
siècle (des siècles) à venir.
Ces déchets ont une durée de vie de l'ordre de
plusieurs milliers, voire millions d'années. Il est impossible
de garder la mémoire d'un site de stockage pendant des
millénaires. La Règle Fondamentale de
Sûreté (III 2 f) elle, envisage de pouvoir la garder 500
ans.
On met en danger les générations futures, ce qui est
contraire au principe de précaution.
L'article n°1 de la loi* n'est donc pas respecté.
(Article 1) La gestion des déchets radioactifs à
haute activité et à vie longue doit être
assurée dans le respect de la protection de la nature, de
l'environnement et de la santé, en prenant en
considération le droit des générations
futures.
* Loi du 31. 12. 91
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2 - L'enfouissement implique
l'irréversibilité :
(Art. 4- extrait) Le Gouvernement adresse chaque année au
Parlement un rapport faisant état de l'avancement des
recherches sur la gestion des déchets radioactifs à
haute activité et à vie longue et des travaux qui sont
menés simultanément : ... L'étude des
possibilités de stockage réversible ou
irréversible dans les formations géologiques profondes,
notamment grâce à la réalisation de laboratoires
souterrains...
La loi envisage dans cet article 2 possibilités :
Le stockage irréversible est inacceptable: Cette
solution est inacceptable pour toutes les raisons
énoncées précédemment (retour
inévitable des radio nucléides dans la
biosphère, perte de la mémoire du site...)
Le stockage réversible est impossible: La
réversibilité n'est qu'un argument destiné
à convaincre les élus locaux et les populations. En
effet la réversibilité est irréalisable. L'Andra
elle-même reconnaît que les colis seront inaccessibles
:
Si on conservait un accès vers les
colis, cela nuirait à la sûreté et à
l'étanchéité du site.. (Extrait du
journal GÉO, déclaration du directeur de l'ANDRA)
Le stockage sera réversible
pendant la durée de remplissage du site.
(Déclaration de Mrs Régent et Courtois du CEA à
l'ILCI de Bar-le-Duc)
Il y a donc incompatibilité entre la
réversibilité et le fait que l'on doive boucher les
galeries.
De plus, pour des raisons de coût et de risques
inévitables d'atteinte à la santé
d'éventuels intervenants, la récupération des
colis s'avérera complètement impossible. Le
précédent du site de La Hague l'a
démontré.
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Nous sommes opposés au
projet de laboratoire car il mène inéluctablement
à l'enfouissement :
Pourquoi des laboratoires de si grande taille ? Pourquoi tant
d'argent distribué dans les régions concernées ?
Pourquoi une telle propagande sur ce projet ? Pourquoi une telle
hâte ? Les pseudo recherches de l'Andra ne sont-elles pas
destinées à valider ce projet ?
La loi du 31.12.91 est une loi de circonstance, destinée
à qualifier des sites de stockage souterrains. Cette loi a
été établie après une opposition des
populations et des élus au projet d'enfouir en 1987. (annexe
3)
Sur les 15 articles de cette loi, 13 sont consacrés à
l'axe de l'enfouissement en couches géologiques profondes.
(annexe 4)
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1 - L'importance de l'accompagnement financier
est révélatrice de la volonté
d'enfouir :
(Art. 12 - extrait) Un groupement d'intérêt public peut
être constitué, dans les conditions prévues... en
vue de mener des actions d'accompagnement et de gérer des
équipements de nature à favoriser et à faciliter
l'installation et l'exploitation de chaque laboratoire. Outre
l'État et le titulaire de l'autorisation prévue
à l'article 8, la région et le département
où est situé le puits principal d'accès du
territoire est à moins de dix kilomètres de ce puits,
ainsi que tout organisme de coopération intercommunale dont
l'objectif est de favoriser le développement économique
de la zone concernée, peuvent adhérer de plein droit
à ce groupement.
La loi autorise l'achat des consciences :
après le décret, 60 MF seront attribués aux
sites retenus pendant 8 ans.
Par ailleurs, avant enquête
publique et avant autorisation des construction des laboratoires,
l'ANDRA a versé 5 MF par an pendant 3 ans et 10 MF en 1997,
aux départements concernés. On peut apparenter cette
pratique à de la corruption.
" Les départements ruraux ne sont
pas destinés à recevoir une poubelle nucléaire,
malgré l'énorme chantage à l'emploi et à
l'argent qui y est exercé. "
(Déclaration de Ségolène ROYAL le 27 O5 97
à Bar-le-Duc et Saint-Dizier)
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2 - Le manque de démocratie et
d'information réelle est inacceptable dans un tel processus
:
l L'article 6 prévoit une concertation qui n'a pas
réellement eu lieu. Le décret d'application, lui,
prévoit une consultation, que M. Bataille, médiateur
était chargé de mener à bien. Celui-ci ne l'a
pas réalisée.
Un recours a été formé devant le conseil
d'État, il a été rejeté, en contradiction
totale avec l'avis du Commissaire du Gouvernement !
Une plainte est maintenant déposée devant la Commission
Européenne, soutenue par Corinne Lepage.
(Art. 6 ) Tout projet d'installation d'un laboratoire souterrain
donne lieu, avant tout engagement des travaux de recherches
préliminaires, à une concertation avec les élus
et les populations des sites concernés, dans des conditions
fixées par décret.
l Il n'y a jamais eu de véritable débat contradictoire
entre toutes les parties: promoteur du projet, élus locaux,
collectivités et associations d'opposition.
l L'Andra est à la fois juge et partie : propagande et
promotion sur les sites, écoles, milieux médicaux,
petites et moyennes entreprise locales ; achat d'espaces de
publi-information dans la presse locale et nationale.
3 - Il y a risque d'impact socio-économique négatif
: tourisme, thermalisme, industrie agro-alimentaire, viticulture,
eaux minérales...
En terme d'image : l'installation d'une poubelle
nucléaire véhicule une image négative. Le
tourisme vert, les Labels et Appellation d'Origine
Contrôlée seront remis en cause.
Les Syndicats des viticulteurs de la Vallée du Rhône se
mobilisent fortement. Le risque d'atteinte à notre
appellation est considérable. Imaginez que l'on dise un jour
que les Côtes du Rhône sont situées sur la
poubelle nucléaire de l'Europe. (Christian PALY,
Président du Syndicat Général des Vignerons
réunis des Côtes du Rhône)
On peut s'inquiéter fortement pour le bassin d'activité
de Vittel-Contréxéville : eaux minérales,
thermalisme, activités touristiques fortement
développées, ainsi que pour toutes les activités
agro-alimentaires et de tourisme vert dans les zones
concernées par les futurs sites de stockage nucléaire.
n En 1987, certains contrats à l'exportation ont
été menacés pour la seule raison qu'un site
était pressenti. Les principaux agents économiques se
sont tous opposés : dans l'Ain (Bleu et Poulet de Bresse),
dans l'Ile-et-Vilaine (Agro-alimentaire et industrie
laitière)
En terme d'avenir : les perspectives financières
proposées par l'Andra ne peuvent être un
véritable plan d'aménagement et de développement
fondé sur les potentialités réelles des
départements concernés. Un déséquilibre
économique interviendra, dû à cette manne
énorme mais exceptionnelle, et mal répartie. Ce
développement artificiel sera à terme un handicap,
lorsque les crédits n'existeront plus (au bout de 15 ans).
Pour toutes les raisons précédemment
énoncées, il est
urgent
d'attendre :
On ne doit pas faire le choix d' empoisonner la
terre.
Il n'existe pas à ce jour de moyens pour neutraliser la
toxicité des déchets radioactifs. Il faut
développer des programmes de recherche afin de mettre au point
des technologies supprimant les dangers liés aux
déchets radioactifs. Rien ne justifie cette hâte
d'enfouir, sinon peut-être le fait de vouloir démontrer
que le cycle du nucléaire est bouclé.
La Coordination Nationale des Collectifs exige:
- L'arrêt de la production des déchets radioactifs pour lesquels il n'existe pas de solution satisfaisante de gestion. La sortie du nucléaire est impérative.
- L'arogation de la loi de 1991 et la remise à plat de la gestion des déchets radioactifs. (Le concept de l'enfouissement doit être éliminé.)
- L'arrêt des travaux à Bure.
HISTOIRE D'ENFOUIR...
1950 Début de production des déchets radioactifs
1987 4 départements sont retenus à leur insu pour l'enfouissement : L'Ain, l'Aisne, le Maine et Loire et les Deux-Sèvres
1988 Les forages commencent.
Des Collectifs se créent et les actions d'opposition sur le
terrain se multiplient.
1990 Face à la mobilisation des populations : suspension des travaux pour redéfinir le projet (Moratoire du 1er Ministre Rocard)
1991 Une loi sur la gestion des Déchets radioactifs est
votée le 30.12.91. C'est le député Christian
BATAILLE qui est chargé du dossier.
Au vu des réactions des départements
précédents, on change de termes, on ne parle plus
d'enfouissement mais de laboratoire de recherche, et l'État
versera 60 Millions de F. par an et par département pendant 10
ans.
1993 Devant cette manne financière de nouveaux
départements sont candidats, 4 sont retenus : Gard,
Haute-Marne, Meuse, Vienne. Pas d'opposition au sein des Conseils
Généraux.
Des Collectifs d'opposition au projet se créent
spontanément, s'organisent autour d'une Coordination Nationale
regroupant anciens et nouveaux départements.
1994 L'Andra entreprend des forages de
prospection.
Les Collectifs informent les populations, manifestent, et entament
des actions en justice.
1995 L'Andra achète maisons et terrains, distribue des
subventions importantes aux collectivités, aux
entreprises et aux privés et poursuit les forages. Meuse et
Haute-Marne ne forment plus qu'un seul site. Les Collectifs
poursuivent leurs actions, des Collectifs d'Élus se
créent.
1996 Mars 96 : Comptes-Rendus des études de forages.
Établissement du nouveau rapport Bataille.
Mai 96 : Les 3 sites sont retenus pour les études
préalables. Les enquêtes publiques ont été
effectuées début 1997.
1998 9 décembre 1998 : le Meuse est retenue pour son site argileux à Bure. Sites granitiques non désignés.
Août 99 : signature du décret d'autorisation de construction d'un laboratoire à Bure par quatre ministres : Stauss-Kahn, Allègre, Voynet et Jospin
Novembre 1999 : début des travaux
2006 (?) : Décision finale par le Parlement
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LEXIQUE
ANDRA : Agence Nationale pour la gestion des déchets radioactifs
CEA : Commissariat à l'Énergie Atomique
COGEMA : Compagnie Générale des Matières Nucléaires
ILCI : Instance Locale de Concertation et d'Information
Biosphère : Partie de la sphère terrestre où
se rencontrent les organismes vivants (syn. :
écosphère).
La biosphère comprend la partie inférieure de
l'atmosphère, l'hydrosphère et une partie de la
lithosphère, jusqu'à une profondeur atteignant environ
2 km en quelques points, où l'on rencontre encore certaines
bactéries associées à des gisements
pétrolifères. La biosphère est en relation avec
les autres parties de la sphère terrestre par
l'intermédiaire des cycles biosphériques, qui
permettent aux éléments chimiques d'être
incorporés aux organismes vivants, de passer de l'un à
l'autre et d'être éliminés de la biosphère
sous forme de produits du métabolisme ou de résidus de
la minéralisation.
La genèse de la biosphère se confond avec l'origine de
la vie et de ce fait, est soumise aux mêmes
hypothèses.
(grand Larousse Universel)
1- Les déchets radioactifs
Les déchets radioactifs sont des déchets dont la
nuisance est due à la radioactivité qu'ils
contiennent.
Ils sont classés en trois grandes catégories :
l Déchets A à vie courte, de faible
activité
Durée de vie : quelques siècles
Volume : 1 400 000 m3 en l'an 2000
l Déchets B à vie longue, d'activité
moyenne
Durée de vie : 20 000 ans environ
Volume : 102 000 m3 en l'an 2020
l Déchets C à vie longue et haute
activité
Durée de vie : de plusieurs centaines de milliers
d'années à plusieurs millions d'années
(Pour exemple, période physique de 3
radioéléments :
Zirconium 93 = 1,5 millions d'années
Césium 135 = 2,3 Millions d'années
Iode 129 = 16 Millions d'années)
Volume : 6 400 M3
Les déchets C concentrent 95% de la radioactivité issue
du nucléaire.
2 -Concept de l'enfouissement
L'objectif du stockage géologique est de confiner la
radioactivité par un ensemble de moyens et de dispositifs
interdisant ou limitant à un niveau spécifié, le
transfert des matières radioactives vers la
biosphère. (Source Andra, Bilan des travaux 1993)
D'après l'Andra, le concept de confinement repose sur
l'idée qu'entre le déchet brut et la biosphère,
il existe une série de barrières.
Barrières artificielles : 1- emballage du
déchet par vitrification, bitumage, ou conditionnement
inox
2- la barrière ouvragée : ouvrages et
matériaux de remplissage autour des colis de déchets
dans les galeries.
Barrières naturelles : ce sont les milieux géologiques
naturels (sous-sol en lui-même) et le scellement des ouvrages
d'accès.
En d'autres termes, il s'agira de déposer des déchets
conditionnés, à très grande profondeur
(plusieurs centaines de mètres), dans des galeries
colmatées au fur et à mesure du remplissage.
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