Le nucléaire n'est pas une énergie d'avenir, selon un rapport de l'ONU

 

NEW YORK (Nations unies), 28 fev 1997 (AFP) - L'énergie nucléaire ne constitue pas une source d'énergie appropriée pour l'avenir, estime un rapport de l'ONU rendu public vendredi, qui prône le développement d'autres solutions respectueuses de l'environnement.

Ce rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a été publié avant la réunion destinée à dresser un état des lieux du sommet mondial de la Terre de Rio, qui doit se tenir en juin à New York.

Selon cette étude, l'énergie nucléaire devrait servir uniquement à produire l'électricité jusqu'alors générée par des combustibles fossiles, si des réponses étaient apportées aux questions telles que la prolifération nucléaire, le transport des déchets radioactifs ou la sécurité au niveau des réacteurs.

"L'énergie nucléaire pose des défis en matière de sécurité à cause du lien entre l'énergie nucléaire et les armes nucléaires", estime encore le rapport, intitulé "L'énergie après Rio : perspectives et défis".

L'énergie nucléaire représente jusqu'à présent environ 5 % de l'énergie mondiale et quelque 15 % de son électricité, mais certains pays industrialisés comme la France en dépendent beaucoup plus fortement.

"Si à long terme l'énergie nucléaire vient à générer une proportion encore plus importante de l'énergie mondiale, la protection de matériaux utilisables dans la production d'armes deviendra encore plus décourageante", poursuit le rapport.

Selon le texte, la nécessité de s'assurer que les matériaux nucléaires ne sont pas consacrés à la production d'armes coûte "considérablement plus cher que développer une énergie renouvelable".

Les combustibles fossiles, qui fournissent actuellement 76 % de l'énergie primaire mondiale, ont en outre de lourdes conséquences écologiques : pollution atmosphérique, notamment pluies acides. La dépendance des pays en développement à leur égard grève aussi leur dette extérieure.

Selon le rapport, les avancées technologiques devrait permettre aux pays en développement de réaliser des économies d'énergie allant jusqu'à 70 % ou plus à long terme, en réduisant la consommation de ces combustibles fossiles traditionnels.

D'autres sources telles que l'énergie solaire ou éolienne devraient également constituer des solutions de remplacement viables, estime le rapport.