Les radiations fantômes des entrailles terrestres

 

Lettre ouverte

au représentant de l'Etat,

au Directeur de la DDASS,

aux représentants du peuple,

Le géophysicien haut-marnais André Mourot vient de soulever un fameux lièvre : le département est touché par le phénomène radon. Peu connu du grand public, ce gaz naturel qui remonte du sous-sol se trouve être radioactif et tue ainsi annuellement plusieurs milliers de personnes en France par cancer pulmonaire (seconde cause de ce cancer après le tabac). Pourtant, il n'a été reconnu cancérigène par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) que depuis 1987 et les autorités sanitaires françaises ont très longtemps minimisé son impact. C'est ainsi, par exemple, que la campagne de mesure-analyse du territoire national n'a débuté qu 'en 1992 et n'est d'ailleurs pas encore terminée.

Alors que la Haute-Marne, du fait de son sous-sol calcaire ou argileux et non pas granitique, devrait être particulièrement épargnée, il s'avère au contraire que près de 18% des habitations "testées" dépassent les 200 becquerels par m3. Il est vrai que les normes françaises, curieusement, retiennent la valeur de 400 bq/m3 (voire 1000 bq/m3) tandis que la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique) et de nombreux pays européens ont édicté des seuils beaucoup plus sévères ; les Etats-Unis ayant, quant à eux, fixé une valeur maximale de 150 bq/m3…

 

Se pose alors la question de savoir, Monsieur le Préfet (représentant de l'Etat), ainsi que Monsieur le Directeur départemental de la santé, comment il se fait que nos concitoyen/nes se voient imposer des normes aussi laxistes par rapport à leurs voisins, et donc plus dangeureuses ? Peut-être n'est-il pas inutile de rappeler ici que la "pousssière du diable", autrement dit l'amiante, était considérée sans danger jusqu'à voici peu par nos responsables de santé publique et alors qu'elle provoque en réalité 2000 décès annuels en France. Se pose également la question de la "discrétion" qui a entouré les analyses effectuées sur le territoire haut-marnais (141 mesures, selon l'IPSN), laissant dans l'ignorance d'une insidieuse contamination les populations concernées, et plus particulièrement celles des communes dépassant les "normes" (sans y faire non plus d'analyses complémentaires !) ou encore à Bourbonne-les-Bains, station radifère. Et ceci paraît d'autant plus choquant que la DGS (Direction Générale de la Santé) "insiste sur la nécessité d'une information et d'une responsabilisation du public (qui) doit se faire avec la plus grande transparence" (circulaire du 27 janvier 1999). Qu'en penser, quinze années après la scandaleuse désinformation qui avait entouré, en France, la catastrophe de Tchernobyl ?

 Enfin, autre point à souligner fermement : cette "affaire" du radon fantôme, mais néanmoins cancérigène, vient de fournir une preuve supplémentaire à ce qu'ont révélé depuis bien longtemps déjà les géologues Mourot, Huvelin et Godinot. A savoir, l'existence de failles dans la région de Bure (incompatibilité majeure avec l'idée d'un enfouissement des pires poisons nucléaires). Or, la fameuse Andra ayant escamoté ces failles sur ses cartes (fait également dénoncé, dans la plus parfaite indifférence, par les trois géologues ci-dessus cités), il apparaît aujourd'hui incontournable de faire la lumière sur cette grave défaillance du faux labo de Bure.

 

Notre association -de citoyen/nes- organisant le mercredi 24 janvier prochain une conférence-débat publique intitulée : "Radioactivité : et la santé ?" (20H30 au Théâtre Municipal de Saint-Dizier), nous ne doutons pas, Messieurs, que vous aurez à cœur d'y venir répondre aux multiples questions du public.

 

Avec le respect que nous vous devons,

 P/o Cedra

Michel MARIE