Le texte suivant reprend des articles de L'Est républicain suite au passage à la télé de Bertrand Pancher, Maire de Bar-Le-Duc

 

Est Républicain du 16/04/2000 (extraits)

"Entré en politique voici une quinzaine d'années dans les pas de Gérard Longuet , Bertrand Pancher poursuit un parcours sans faute. Maire de Bar-le-Duc, président du district urbain, du Triangle (le réseau de villes unissant Bar, Saint-Dizier et Vitry-le-François), conseiller général, il était logique qu'il soit l'invité de l'Hebdo, le magazine hebdomadaire de France 3.[...]

Trompé sur le labo

Il prend acte au passage de la défaite du département dans le dossier PAT (prime à l'aménagement du territoire) "Auparavant, l'ensemble du département pouvait bénéficier de ces primes. Ce n'est plus le cas aujourd'hui [...]"

<commentaire explicatif : comme cela avait été dénoncé ici-même, l'ensemble de la classe politique (qui a voté unanimement pour le labo) avait cru utile de se livrer à une pantalonnade associant "labo" et "élégibilité à la PAT", sur le thème "Si on nous reprend d'une main - par la suppression de la PAT sur certains secteurs - ce qu'on nous a donné de l'autre - par les mesures d'accompagnement financier allant de pair avec ce labo que nous avons accepté dans un esprit de solidarité nationale (sic !) -, nous considérerons que le contrat a été rompu et remettrons en cause notre acceptation du "labo".

Bien entendu, ce n'était et ce ne pouvait être que menaces en l'air (les élus n'avaient plus rien à dire sur le choix du site) et nous l'avions dit en soulignant que cette baudruche - ne tarderait pas à se dégonfler. C'est fait.>

Quand on lui demande ce qu'il attend du laboratoire de Bure, chargé d'étudier les conséquences de l'enfouissement de déchets radioactifs, il est encore plus sévère : "Nous avons été trompés sur ce dossier. Le département a pris ses responsabilités en accueillant ce laboratoire, mais les promesses qui nous ont été faites ne sont absolument pas tenues". Et le maire de les énumérer : "15 ans d'expérimentation, avait-on dit. Alors que la construction du laboratoire est loin d'être achevée, la date de la décision sur un éventuel stockage reste fixée à 2006. Les 150 créations d'emploi ne sont pas non plus au rendez-vous. On nous avait dit recherche et pas stockage. De même, qu'il y aurait plusieurs labos. Or on constate que la mission qui devait désigner d'autres sites n'ira vraisemblablement pas à son terme" [...]" F. Doyen

Comme on le remarque par ses derniers propos, cet élu a dit "oui au labo ici - avec l'argent qui va avec -, mais à condition que ce soit pour un stockage ailleurs". A la fois débile et navrant : "Ni ici, ni ailleurs, mais autrement".

Je signale que cet élu est un Longuettiste, c'est-à-dire que, comme beaucoup, il est sous la coupe de Longuet, "M'sieu not'maît", qui était Ministre de l'Industrie au début de toute la procédure et qui a tenu à faire ce cadeau à "son" département.

 

Suite dans l'Est Républicain du 19/04

LE FAIT DU JOUR : Perche tendue

"Le dernier week-end a été chaud du côté de la Bretagne et du Massif Central, où diverses manifestations ont réuni 25.000 opposants au projet de laboratoire de recherche sur le stockage en profondeur des déchets radioactifs.

Après le choix du site de Bure , le gouvernement recherche en effet un site granitique pour accueillir un second "labo". Seize départements sont pressentis, mais la fronde s'est installée un peu partout. Une dizaine de conseils généraux et trois assemblées régionales ont exprimé leur refus. Et aux côtés des élus de tous bords, la population est descendue dans la rue pour que leur terre ne soit pas transformée un jour en poubelle.

Chaque jour, la Coordination des élus opposés à ce projet reçoit de nouveaux adhérents. Un renfort qui légitime un peu plus encore les positions de cette association, laquelle vient de demander à être reçue par Lionel Jospin pour lui faire état de ses exigences : abandon de la construction des laboratoires, refonte de la loi pour supprimer la voie de recherche sur l'enfouissement des déchets nucléaires, et ouverture d'un débat sur le devenir de la politique énergétique.

En Meuse, la belle unanimité des élus du Conseil Général, qui avaient accepté dans l'enthousiasme l'arrivée du "labo", se lézarde. Les nouveaux, Daniel Lhuillier et Lucette Lamoussee, ne manquent pas une occasion de montrer leur opposition. Dans la majorité, certains élus sont déjà montés au créneau, s'interrogeant sur la durée de réversibilité d'un stockage ou l'opportunité d'une consultation de la population. Bertrand Pancher vient cette fois d'enfoncer le clou, en déclarant tout de go, samedi dernier à la télévision, qu'il avait été "trompé" sur le labo.

Du coup, l'association de élus meusiens (AEM) opposés à l'enfouissement a adressé un courrier au maire de Bar-le-Duc, l'invitant à rejoindre ses rangs. Une perche tendue qu'aucun conseiller général n'a encore saisie" Gérard Bonneau

Un pince-sans-rire, ce journaliste, comme d'ailleurs l'AEM, avec sa proposition d'adhésion adressée à un élu aux positions on ne peut plus hypocrites (voir première partie).

 

 

Suite à ces déclarations dans l'Est Républicain du lendemain :

"Dumez à Pancher : ne pas marquer contre son camp"

"Le président Dumez n'a visiblement pas apprécié les déclarations de Bertrand Pancher lors del'émission "l'Hebdo" diffusée par France 3 samedi dernier.

Le maire de Bar-le-Duc parlait alors de défaite de la Meuse à propos de la prime à l'aménagement du territoire, avant de se déclarer <<trompé>> sur le dossier du labo de Bure. Le président du conseil général donne aujourd'hui son sentiment dans le communiqué qu'il nous a adressé:

<<Comme président de Cap 2015, je ne peux laisser dire que le département a essuyé un échec sur le dossier de la PAT. Ce serait faire injure à l'ensemble des Meusiennes et des Meusiens qui se sont mobilisés, sans distinction politique ou syndicale, avec pour seul objectif l'intérêt de la Meuse

<Ndlr : le CDR 55 pour son compte a dénoncé cette "mobilisation" des coll'labos comme une gesticulation politico-politicienne>

Je précise par ailleurs <continue le Président du Conseil Général> que l'ensemble du département n'a jamais été éligible au zonage PAT ; en revanche, notre mobilisation a permis de raccrocher 40 000 habitants pour atteindre 85 000 habitants concernés par la PAT

<Ndlr : tout cela est vrai ; mais, même s'il y a eu "rallonge", on n'en reste pas moins - et pour un département en voie de désertification - nettement en-deçà de la situation antérieure> ....

Si j'ajoute <dit M. Dumez> que les parties de notre département qui ne sont pas éligibles à la PAT bénéficieront du Fonds de Solidarité territorial créé par le Conseil Général, je ne trouve aucune trace de concrétisation de l'échec annoncé

<Ndlr : voir pourtant au-dessus, d'autant plus que le Fonds de Solidarité n'a rien à faire ici, puisqu'il a dû être alimenté par les propres deniers du Conseil Général et qu'au total, le département n'en est pas moins resté perdant ; cela dit pour entrer dans le raisonnement de ces messieurs, car en fait les rodomontades sans lendemain du style "Ce sera la PAT pour toute la Meuse ou fini pour le labo" associaient deux choses sans grand rapport> ....

En second lieu, en tant que président du Conseil Général, je ne peux laisser dire que nous avons été trompés sur le laboratoire de Bure, par quelqu'un qui a régulièrement voté tous les rapports sur le sujet, et qui n'hésite pas à faire appel aux fonds d'accompagnement pour des réalisations dans sa commune.>>

<Ndlr : 1° Amusant, si on sait que Dumez, quand il n'était encore que vice-président du Conseil Général, avait été nommé très officiellement "Monsieur Labo" et qu'il a fait le tour des communes en annonçant que celles qui seraient candidates se partageraient 5 000 000 de F par an, versés par l'ANDRA (un hors-d'oeuvre illégal avant les 60 000 000 "légaux" ne venant qu'après le décret d'installation)

2° En tant que maire de Saint-Mihiel, dans les 25 000 000 ainsi versés de 94 à 98, lui-même ne s'est pas oublié : Pour le SIVOM de Saint-Mihiel, l'état officiel des subventions fait apparaître: Extension base de plein air : 2 200 000.00 au total dont 34,5% (760 000.00) de subventions de l'ANDRA

3° Dire que Pancher est aussi allé à la soupe ne répond pas à ce qu'il peut dire par ailleurs - de vrai pour une fois - sur le fait que la Meuse a fait un marché de dupes>

Conclusion de notre président de Conseil Général :

<<En empruntant une image au monde sportif, je dirai que tenter de marquer des buts contre son camp n'a jamais révélé la perspective d'une grande performance>>

 

Pour ceux que cela intéresse de savoir de quel camp il s'agit, je dirai qu'il s'agit du camp de la droite, le longuettiste Pancher ayant manifesté son intention de disputer la présidence du Conseil général à Dumez (tout autant de droite) qui la détient actuellement. Mais je signale que la gauche est tout aussi coll'labo et n'hésite pas à s'en prendre aux antilabos (le député PS du secteur de Verdun, Jean-Louis Dumont - celui qui a chargé par le gouvernement d'emballer dans du papier de soie la directive européenne sur la libéralisation du marché de l'électricité - a voulu en 94, quand il était maire de Verdun, "taxer" le CDR 55 pour "ramassage prospectus" <sic!>, autrement dit pour quelques tracts qui s'étaient retrouvés à terre après une distribution ; ses colistiers du PC ont refusé d'intervenir pour lui faire lever l'amende : "dernier avis avant poursuites" à disposition (en fait, on n'a jamais payé parce que même la Préfecture reconnaissait que c'était illégal) . Ces gens dits de gauche se croient à Vitrolles. Quant au gouvernement , face aux manifestants de Bure, il fait parader ses gardes-mobiles avec leurs fusils lance-grenades !)

No pasaran ! (avec le recul du temps, dira-t-on que ceux qui criaient cela ont été vaincus ?)